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L’objectif principal du Mouvement Vraiment Durable est de mettre en place et d’animer, en collaboration avec des organisations de consommateurs et plus généralement l’ensemble des acteurs de la consommation durable, un mouvement de vigilance qui fasse la démonstration que le citoyen consommateur peut peser sur la durabilité et qui offre à ce dernier l’information et les leviers nécessaires pour agir.
Les spécialistes convergent dans leur diagnostic : les enjeux du développement durable débouchent tous sur la consommation. Le dernier rapport de l’IFEN sur l’état de l’environnement en France en apporte la confirmation et sa coordinatrice affirmait dans un grand quotidien national : «Le pollueur, ce n’est pas l’autre, c’est tout le monde ». « L’enjeu est maintenant surtout du côté des sources diffuses, celles qui nécessitent l’adhésion de chacun dans ses choix individuels, pour se déplacer, consommer, se chauffer, se loger, ou dans les choix collectifs […]. »
L’engagement annoncé des consommateurs cache une réalité décevante
Un bémol : parmi les 38% susmentionnés, seuls 12% affirment s’engager régulièrement en faveur d’une consommation responsable. De plus, la plupart des consommateurs avouent être atteints d’une certaine schizophrénie : leurs discours sur la volonté d’engagement, sur la volonté de payer plus cher un produit s’il respecte certaines normes environnementales ou sociales, contraste avec la proportion limitée qui change véritablement ses comportements. De plus, si les citoyens saisissent les enjeux d’une réduction de la consommation de biens manufacturés, les statistiques nous apprennent que l’endettement des ménages, indicateur du niveau de consommation, n’a jamais été aussi haut.
Enfin, on assiste à une véritable fracture sociétale : ce sont surtout les titulaires de revenus supérieurs à 3 000 € mensuels qui disent tenir compte des engagements éthiques des entreprises (53% d’entre eux, contre 38% de la population totale). Les chiffres placent ensuite les cadres supérieurs et les diplômés du supérieur en deuxième position, quasi ex-æquo. Or, ce sont justement ces catégories socioprofessionnelles, que l’on considère généralement comme les leaders d’opinion, et qui sont en tant que telles habituellement les premières à inaugurer les nouvelles tendances de consommation. Leur adhésion à cette démarche préfigure donc un comportement qui pourrait se diffuser plus largement.
Des initiatives proposant une alternative
L’émergence de cette forme de consommation se fait en parallèle avec la montée en force des associations. D’après un sondage IPSOS réalisé pour le compte de l’ADEME fin 2004, les consommateurs désignent les associations à 71% en réponse à la question suivante : « La consommation durable est un mode de consommation qui vise à privilégier des produits plus respectueux de l’environnement, et des conditions de travail. Qui selon vous favorise aujourd’hui la consommation durable par ses actions ? ». Les entreprises productrices de biens et les pouvoirs publics arrivent en dernière position avec respectivement 38% et 35% d’opinions favorables.
De nombreuses initiatives citoyennes émergent pour tenter de concrétiser la consommation responsable/durable et la rendre accessible à chacun. Ces initiatives sont souvent bien éloignées des traditionnelles unions ou associations qui militent davantage pour le droit des consommateurs que pour leur fournir une information concrète sur le chemin à suivre pour « consommer durable ». En présentant des alternatives à la consommation de masse, elles partent du principe que, puisque la population n’est pas encore prête à consommer moins, autant faire en sorte qu’elle consomme mieux.
L’objectif a changé en conséquence. Quand il s’agissait il y a quelques années de sensibiliser et de responsabiliser le consommateur avec un message culpabilisateur source de frustrations, les nouvelles actions vont davantage dans le sens d’une sollicitation du désir d’agir. Le nouveau mot d’ordre pourrait être : « faire en sorte que ces alternatives ne soient plus associées à un mode de vie baba-cool, mais qu’elles deviennent attractives et soient vues comme des produits modernes, esthétiques voire branchés » (Graham Hill, fondateur de Treehuger, le plus important site internet au monde consacré à l’écologie au quotidien).
La question du désir d’agir pose celle de la marginalité relative dans laquelle semble cantonnée la consommation durable malgré l’engagement affiché des consommateurs. La question de l’efficacité de la sensibilisation du consommateur telle qu’elle est menée doit donc être posée : quels sont ses écueils ? Qu’est ce qui pousse le consommateur à faire le choix d’un produit durable ? Pourquoi le mouvement est il si lent à se mettre en place alors que les urgences écologiques se font de plus en plus prégnantes et que les citoyens sont de plus en plus informés sur l’état de la planète ? Quelle dynamique est nécessaire pour dépasser la simple sensibilisation et pousser à l’action ? Quels sont les mécanismes sociaux qui conduisent au boycott de produits ?
C’est pour tenter de répondre à ces questions que le Mouvement Vraiment Durable c’est fixé l’objectif de bâtir un collège regroupant les différentes initiatives existantes en France leur permettant d’échanger et donc de coordonner leurs actions. Ce rassemblement permettrait à tous les acteurs de la consommation durable, réunis autour d’objectifs communs, de parler d’une seule voix, de gagner en force de proposition vis-à-vis des décideurs et de donner plus de résonnance à leurs actions.
Concrètement, il s’agit :
Tous les acteurs de la consommation responsable, quelles que soient leurs origines (associations, entreprises, instituts d’expertise, centres de recherche, partis politiques, organismes d’enseignement, organismes d’Etat) seront invités à participer au réseau et aux collaborations, afin que soient saisis au mieux les enjeux de toutes les parties prenantes de la consommation durable, d’être au plus près des préoccupations de chacun et ainsi d’augmenter l’acceptabilité des actions entreprises auprès du plus grand nombre. Il s’agit de bonne gouvernance de la consommation durable.
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