Après avoir été longtemps méconnu ou ignoré, le développement durable, concept novateur et refondateur pour la planète, est devenu tendance, une sorte de mode, parfois même un instrument pour tirer profit d'un vague engouement pour la protection de l'environnement, le respect de normes sociales, éthiques ou économiques.
Or le développement durable est une révolution silencieuse, une ascèse autant qu'une générosité, une transformation profonde de nos sociétés.
C'est pourquoi l'association Vraiment Durable ambitionne, dans une perspective européenne, de le nourrir par des indicateurs réellement opérationnels, par un approfondissement des fondements théoriques de la gouvernance et de la démocratie participative, et enfin par des propositions dynamiques pour changer les modes de consommation.
Pour que le développement durable ne soit plus une incantation mais l'incarnation d'une relation nouvelle entre l'homme et la nature...
Bettina Laville, présidente de Vraiment Durable
Edito

Les Ateliers de la Terre 11-13 dec 2008 à Courchevel
Les Ateliers de la Terre sont un lieu de rencontre ouvert à l’international qui rassemble des décideurs issus d’horizons variés – dirigeants d’entreprises, universitaires, représentants de la société civile, leaders politiques - afin qu’ils réfléchissent ensemble sur les grands enjeux du développement durable. Réunis pendant 3 jours dans un cadre d’exception propice au networking, les participants des Ateliers de la Terre forment un réseau regroupant les décideurs qui souhaitent agir.
Cette année, les discussions s’articuleront autour des Mutations Comportementales...
Contexte et motifs
La remise en question des modes de consommation et de production traditionnels, hérités du modèle de développement des sociétés industrialisées des XIXème et XXème siècles, est au cœur de la protection de l’environnement. La menace qui pèse sur le renouvellement des ressources naturelles, leur inégalité de répartition dans le monde et le risque d’instabilité politique que cela constitue sont autant d’arguments sur lesquels se base l’affirmation d’une nécessaire modification de nos modes de vie.
On parle de consommation durable, c'est-à-dire d’une "utilisation de biens et services qui assure la satisfaction des besoins personnels et collectifs sans être la seule condition de l’épanouissement individuel ; qui s’appuie sur la qualité environnementale et sociale des produits, l’utilisation et l’élargissement des formes alternatives de consommation ainsi que sur la réduction des quantités de ressources naturelles employées pour satisfaire les besoins " (Définition de la consommation durable proposée par le Mouvement Vraiment Durable dans son étude Etat et Avenir de la Consommation Durable : vers une gouvernance de la consommation ? , avril 2007 )
Face à ce défi, les mobilisations existent et la prise de conscience globale se confirme. Mais si la richesse des actions menées participe à la montée en puissance du sujet de la consommation durable, leur éclatement gène au contraire le consommateur dans le passage à l’acte et le désoriente. Or les français sont ouverts au concept de consommation durable mais ils réclament pour sa mise en pratique davantage de propositions concrètes.

Le Mouvement Vraiment Durable consacre une part importante de ses programmes à la consommation durable, ou plutôt à ce qu’elle pourrait devenir en tant que nouvelle pratique sociale et levier d’une économie résolument novatrice.
Dans notre pays, les associations de consommateurs sont réunies au sein d’une même entité, l’Institut National de la Consommation. Très actives, elles n’ont cependant pas le pouvoir que possèdent leurs consœurs américaines ou européennes qui se rassemblent en lobbys puissants. Elles assurent en France une sorte de service public, de « vigilance publique ». Historiquement focalisées sur deux thèmes principaux - la santé du consommateur et le prix des produits – elles intègrent depuis une dizaine d’années le développement durable et la protection de l’environnement qui deviennent peu à peu des sujets d’investigation importants, sans pour autant néanmoins constituer les moyens d’une mobilisation citoyenne forte sur les dérives de nos modes de production.