La parole aux jeunes

Changement climatique : il est temps pour la jeunesse de passer à l’action

par Damien Demailly, membre du Réseau Action Climat France et Délégué Jeunesse pour la France à la Conférence de Montréal 2005 sur les Changements Climatiques



1 - La jeunesse se sent elle concernée par la question des changements climatiques et de l’adaptation ?

Il n’existe pas à ma connaissance d’étude sur la sensibilité des jeunes face aux changements climatiques. Ma perception est cependant qu’elle est plus développée que celle de leurs parents. Cependant il y a un fossé considérable entre être sensibilisé et agir concrètement. Les initiatives étudiantes restent rares en France.

Ce constat est encore moins positif si on s’intéresse à l’adaptation aux changements climatiques. Cette problématique en France en est globalement à ses balbutiements car avant de pouvoir s’intéresser à l’adaptation, il est nécessaire de préciser les impacts du changement climatique. De plus, cette problématique n’est pas aussi mobilisatrice que celle des réductions d’émissions des gaz à effet de serre où il est question très concrètement de pétrole, de consommation, de mode de vie…

Hors, la problématique de l’adaptation est cruciale. Les choix effectués conditionneront nos modes de vie pour des décennies. C’est pourquoi les citoyens, et en particulier les jeunes qui sont les premiers concernés, ont leur mot à dire.


2 - Que peut faire la jeunesse ?

Dans un premier temps, la jeunesse peut agir au niveau local par le biais d’associations pour développer ses positions et concrétiser ses propositions en lançant des campagnes de sensibilisation ou en agissant concrètement pour réduire la consommation énergétique de certains lieux de vie étudiants. Elle peut être motrice sur des projets plus larges comme le développement des énergies renouvelables ou l’adaptation des campus universitaires. La jeunesse doit donc commencer par s’informer pour ensuite pouvoir convaincre et travailler avec les administrations concernées.


3 - Avec quels moyens ?

Il est important de profiter de l’expérience acquise par les ONG environnementales et les associations de mobilisation des jeunes. Il existe par exemple une myriade d’associations nord américaines, souvent très dynamiques et très bien structurées (voir www.itsgettinghotinhere.org). Des initiatives de coordination émergent peu à peu pour que la jeunesse s’informe et puisse faire entendre sa voix sur les scènes nationales et internationales. Ainsi le Sommet International de la Jeunesse s’est tenu à Montréal lors de la dernière conférence de l’ONU sur les Changements Climatiques. De telles initiatives sont en développement en Asie et en Afrique ; d’autres sont déjà bien implantées en Amérique du Nord. La Jeunesse française n’en est pas encore là. Il est temps pour nous de passer à l’action !