La parole aux jeunes

Les jeunes et la Gouvernance de l’Eau

par Mlle Frida Lanshammar, Coordinatrice du Stockholm Junior Water Prize, Stockholm International Water Institute, SIWI



L’expression “gouvernance de l’eau » est de plus en plus répandue. Pour faire bref, elle signifie que la crise mondiale de l’eau n’est pas due tant à la quantité disponible dans une zone géographique précise qu’à la méthode de gestion de la ressource adoptée par les citoyens.


Plus que celle d’hier, la jeunesse d’aujourd’hui est consciente des enjeux que suscite la gestion de l’eau sur la planète. En tant qu’acteurs du monde de demain, les jeunes, certainement plus sages que leurs ainés, doivent être encouragés à mettre en pratique et concrétiser leurs engagements en faveur d’une gouvernance de l’eau plus juste et plus efficace.


Je travaille depuis août 2004 à l’Institut International de l’Eau de Stockholm (SIWI) en tant que responsable du Stockholm Junior Water Prize, une compétition internationale qui récompense des initiatives menées par des jeunes en faveur de la protection des eaux et de l’environnement. Le prix est attribué chaque année à un projet particulièrement original et novateur. En 2006, ce sont près de 30 nationalités différentes qui seront représentées parmi les finalistes. Ces jeunes ont tous franchis des étapes de sélection antérieures dans leur pays d’origine. La remise des prix, organisée à Stockholm pendant la semaine mondiale de l’eau, permet à chacun d’entre eux de rencontrer aussi bien d’autres jeunes qui partagent le même intérêt pour la protection des eaux, que des scientifiques et des acteurs internationaux du secteur.


La gouvernance de l’eau est un sujet de plus en plus fréquent parmi les thématiques abordées par les participants au Stockholm Junior Water Prize, et les projets à enjeux à la fois sociaux et scientifiques ont souvent la préférence du jury. J’ai le sentiment que la nouvelle génération est en train de réaliser l’importance d’une bonne gouvernance de l’eau et combien il est inutile de trouver des méthodes de traitement de l’eau ou d’irrigation révolutionnaires si elles ne sont pas mises en application. Les jeunes participants du Junior Water Prize ont su montrer qu’ils étaient sensibles à cette nuance. En 2005, certains projets concernaient « les mesures nécessaires pour atteindre les objectifs du Millénaire en matière de traitement de l’eau potable au Cameroon », « des programmes de récolte de l’eau de pluie en Inde », ou encore « l’amélioration de l’efficacité du traitement des eaux polluées dans les zones humides artificielles ».


Coordonner cette compétition internationale est un véritable défi, et je suis très fière de faire partie d’un projet qui encourage la jeunesse à s’impliquer pour construire un avenir meilleur.